Camille Bened : “Je suis capable de faire de belles choses, et je ne me mets pas de limites”![]()
Biathlon – Officiellement qualifiée pour la première étape de coupe du monde, Camille Bened ne part pas en Suède pour faire de la figuration.Lire l’article en commentaire![]()

Dans le froid glacial de Bessans, en Savoie, Camille Bened a gravé son nom dans les annales du biathlon français avec une démonstration de pure domination. Le Chablaisien de 25 ans a remporté la victoire au sprint en réalisant un parfait 10/10 au stand de tir.
Ce triomphe lui a assuré une place pour l’ouverture de la Coupe du monde à Östersund, en Suède, à partir du 29 novembre. Sa performance a fait taire les sceptiques, prouvant que sa victoire au classement général de la Coupe IBU la saison dernière n’était pas un hasard.
Le parcours de Bened jusqu’à ce moment a été fait de résilience et de risques calculés. Après une opération à l’épaule en avril, elle a enduré une rééducation épuisante qui a mis sa force mentale à l’épreuve.
Pourtant, sous la houlette de l’entraîneur Baptiste Desthieux, elle a méticuleusement reconstruit sa forme. Les épreuves de Bessans, dans le cadre du processus de sélection de la Fédération Française de Ski, sont devenues son terrain d’essai face à des rivales aguerries comme Justine Braisaz-Bouchet et Lou Jeanmonnot.

L’enjeu était énorme : trois places féminines supplémentaires pour Östersund, obtenues en partie grâce au précédent succès de Bened en Coupe IBU, qui a accordé à la France un septième quota.
La suspension d’un mois de Julia Simon pour un problème de fraude à la carte de crédit a ouvert une porte inattendue. Bened s’en est emparé, non seulement en se qualifiant, mais en menant les qualifications avec une cohérence inégalée dans les sprints et les départs groupés.
En réfléchissant à sa qualification, Bened dégageait une confiance tranquille. “Je sais grâce aux courses de Bessans que je suis capable de grandes choses”, a-t-elle déclaré à Nordic Magazine. Ses paroles portaient le poids de quelqu’un qui avait affronté l’adversité.
Ne se contentant plus des circuits de niveau inférieur, elle considère la Coupe du monde comme son arène légitime, où elle vise à allier endurance sur skis et précision de tir.
L’équipe de France féminine dispose désormais d’un effectif formidable pour Östersund : Braisaz-Bouchet, championne olympique du départ groupé ; Jeanmonnot, leader du classement général de la Coupe du monde la saison dernière ; Océane Michelon ; Jeanne Richard; et les nouvelles venues Gilonne Guigonnat et Amandine Mengin aux côtés de Bened.
Ce contingent de sept personnes reflète la richesse du biathlon français, fort des 53 médailles de la campagne 2024-2025.

Le parcours de Bened s’écarte du statut protégé du groupe d’élite. Alors que cinq athlètes principaux – Jeanmonnot, Braisaz-Bouchet, Michelon, Richard et Simon (post-suspension) – bénéficient de garanties, Bened s’est battu bec et ongles pour son entrée.
Ses doubles victoires au sprint à Bessans, dont une belle performance lors de la dernière journée devant Mengin et Jeanmonnot, n’ont laissé aucune place au débat.
Ce qui distingue Bened, c’est son état d’esprit. “Je suis capable de faire de grandes choses et je ne me fixe aucune limite”, a-t-elle déclaré récemment dans une interview à Sports Infos.
Cette philosophie fait écho à son élan de fin de saison l’hiver dernier, où elle a goûté au succès en Coupe du monde à Oslo. Là-bas, elle a couru non pas pour survivre mais pour prospérer, terminant respectablement malgré son inexpérience.
Ses prouesses techniques brillent le plus sur le stand. Lors du départ groupé de Bessans, elle a obtenu un 17/20, derrière le trio de tête mais devançant ses concurrentes directes.
Côté ski, sa technique fluide sur le domaine enneigé de Haute-Maurienne Vanoise a fait preuve d’accélérations explosives, cruciales pour les poursuites et les relais où le positionnement compte.
Alors qu’Östersund se profile, Bened se tourne vers les épreuves individuelles : sprint, poursuite et départ groupé. Le site suédois, avec ses boucles exigeantes de 3 km et ses tirs couchés/debout, favorise les athlètes polyvalents comme elle.

Elle s’inspire de sa compatriote Braisaz-Bouchet, dont elle imite le mélange de vitesse et de sang-froid.
Pourtant, des défis nous attendent. L’intensité de la Coupe du Monde amplifie la pression, avec des rivales comme la Norvégienne Ingrid Landmark Tandrevold et la Suédoise Hanna Öberg qui se cachent. La stratégie de Bened ? Maintenir l’approche « insouciante » qui a alimenté sa domination sur Bessans.
“Avec Baptiste, nous nous sommes concentrés sur la liberté lors de la course finale”, a-t-elle partagé, attribuant son avantage à la préparation mentale.
La fédération française de biathlon, dirigée par l’entraîneur Jean-Paul Burdet, a salué sa maturité. À 25 ans, Bened fait le pont entre jeunesse et expérience, après avoir fait ses débuts en Coupe du monde en mars dernier.
Son titre en Coupe IBU, au milieu d’un peloton partiel dû aux principales absences françaises, a quand même validé son talent, garantissant ce quota supplémentaire.
Hors de la neige, l’histoire de Bened résonne. Des collines du Chablais aux circuits internationaux, elle incarne le pipeline de la base vers la gloire du programme français.
Les fans de X ont fait le buzz à propos de sa qualification, avec des posts la saluant comme une “étoile montante” indépendante des attentes.
Pour l’avenir, les ambitions de Bened s’étendent au-delà d’Östersund. Le calendrier s’étend sur neuf étapes dans huit nations, culminant à Annecy-Le Grand-Bornand, le terrain de la France, du 18 au 21 décembre.
À trois mois des Jeux olympiques de Milan Cortina 2026, chaque course se dirige vers la prétention aux médailles.
Sa philosophie du no-limits pourrait perturber la hiérarchie. Dans un sport où les barrières mentales précèdent souvent les barrières physiques, le refus de Bened de limiter son potentiel revigore l’équipe.
Son coéquipier Guigonnat, de retour après une saison 2023-2024 bien remplie, s’en fait l’écho : “Le feu de Camille nous pousse tous.”
Alors que ses valises sont prêtes pour la Suède, Bened réfléchit au soulagement qui envahit son après-Bessans. “Beaucoup de soulagement et de fierté”, a-t-elle admis. Pourtant, la fierté alimente la faim ; le soulagement ouvre la voie.
Elle n’est pas là pour regarder mais pour concourir, pour écrire d’autres chapitres d’une carrière qui s’accélère comme ses skis sur la poudreuse fraîche.
Dans l’étreinte glaciale d’Östersund, surveillez la Française sans prétention et résolue. Camille Bened arrive non pas en doublure, mais en prétendante murmurant des possibilités. Ses paroles sonnent vrai : capable de grandeur, poursuite illimitée. Le monde du biathlon, prenez note : ce n’est que le début.