Mort de Bebert : Avec des fleurs et des larmes, adieu à une légende du rock ‘n’ roll

La France entière est en deuil. Béber des Forbans, l’icône du rock ‘n’ roll français, a quitté ce monde le 25 novembre 2025.
Sa disparition, aussi soudaine qu’incompréhensible, plonge le pays dans un silence lourd, presque irréel, après une carrière marquée par des décennies de musique vibrante, de scènes enflammées et de légendes vivantes. Il n’est plus, mais son héritage musical et humain restera à jamais gravé dans les mémoires.
Béber, de son vrai nom, Jean-Bernard Cazeneuve, avait tout pour lui : une voix inimitable, un charisme indiscutable, et cette énergie contagieuse qui illuminait chaque salle où il se produisait.
Depuis la fin des années 70, il avait enflammé les scènes françaises avec les Forbans, un groupe qui est rapidement devenu l’une des formations les plus emblématiques du rock hexagonal.
Mais cette énergie, si flamboyante, si indestructible en apparence, cachait une réalité bien plus sombre que seuls ses proches pouvaient percevoir.
Alors que la France se préparait à célébrer un retour tant attendu après un accident de scooter qui l’avait mis hors scène quelques semaines auparavant, Béber disparaissait, laissant derrière lui non seulement un vide dans l’industrie musicale, mais aussi une tristesse incommensurable dans le cœur de sa famille et de ses fans.
Ce qui semblait n’être qu’un retard dans sa carrière se transforma en une tragédie silencieuse, un mal insidieux qui rongeait peu à peu l’âme de l’artiste.
Derrière les rires et la fête, Béber était un homme secret, un homme de l’ombre, fragile et pudique, qui, pendant des mois, avait lutté contre une maladie qui ne voulait pas se dévoiler au grand jour.
Ceux qui le connaissaient le mieux, sa femme Astrid, ses enfants Kevin et Georgia, savaient qu’il souffrait, mais personne n’aurait imaginé que cette souffrance intérieure deviendrait si envahissante.
Les témoignages de ses proches révèlent un homme qui, malgré la douleur, refusait de se laisser aller. Loin des projecteurs, Béber n’avait jamais voulu inquiéter ses fans, ce public qui l’adulait et qui, tout au long de sa carrière, l’avait soutenu à chaque étape de sa vie.
Mais la fatigue s’était installée discrètement. Ses proches se souviennent de ce ralentissement, de ces moments de silence où, même entouré, il semblait s’éloigner peu à peu. “On verra”, disait-il souvent, comme si l’avenir lui faisait désormais peur.

Le 25 novembre, après des jours de lutte, Béber s’éteignait dans la discrétion la plus totale. Michel Papin, son ami de toujours et membre du groupe, a été l’un des premiers à annoncer la nouvelle, la voix lourde de tristesse. “C’est une perte immense pour nous tous”, a-t-il déclaré.
Le monde du rock français se retrouvait orphelin d’un de ses plus grands représentants.
La mort de Béber n’a pas seulement choqué ses fans, elle a aussi bouleversé sa famille. Kevin et Georgia, ses enfants, n’ont pas eu le temps de se préparer à cette perte.
Pour eux, la douleur est encore plus grande, car elle s’ajoute à la mélancolie de ne pas avoir eu ce moment supplémentaire, ce repas qu’ils pensaient pouvoir partager ou cette conversation sur le passé du groupe, ces souvenirs inachevés.
L’aîné, Kevin, se rappelle de ces derniers instants passés à accompagner son père après son accident, pensant qu’il avait encore tout le temps du monde pour se réconcilier avec le passé.
Aujourd’hui, les archives vidéos des premiers concerts des Forbans sont devenues des trésors, des souvenirs précieux qu’il protège à tout prix.
Mais c’est aussi l’impact de Béber sur sa compagne Astrid qui est particulièrement poignant. Ils s’étaient enfin mariés en 2022, après des années de doutes et de discussions. Béber, bien que portant les craintes de l’âge et de la fragilité, avait trouvé en Astrid un soutien inébranlable.
Pourtant, malgré ce bonheur retrouvé, une peur persistante hantait l’artiste : celle de ne pas être là pour sa famille. Un an après leur mariage, il avait révélé dans un entretien qu’il redoutait de ne pas pouvoir offrir à Astrid ce qu’elle désirait le plus : un enfant.
Mais Astrid, plus jeune que lui, lui avait assuré que leur bonheur ne reposait pas sur la maternité. C’était un de ses plus grands sacrifices, accepter que la vie ne soit pas celle qu’il avait imaginée.

Dans ses derniers mois, Béber avait cessé de parler de projets futurs. Lui, le créateur sans fin, l’homme aux idées débridées, semblait désormais redouter l’avenir. Pourtant, jamais il n’avait montré de signes de faiblesse.
Ce n’était qu’après son accident qu’il avait commencé à se replier, mais toujours avec humour et fierté.
Ce comportement, sa pudeur et son absence de plainte, en disent long sur l’homme qu’il était : un homme qui voulait rester fidèle à l’image qu’il avait construite, même si cette image cachait un homme humain, vulnérable et parfois en souffrance.
Mais au-delà de la tristesse de la perte, il y a un héritage qui se poursuit. Les Forbans ne sont pas qu’un groupe, ils sont un symbole de fidélité et de sincérité. La musique de Béber, ses paroles, ses mélodies, continueront de résonner dans les cœurs des générations futures.
Ce n’est pas un adieu définitif, car Béber a laissé une empreinte indélébile. Ses enfants, bien que brisés par la perte, continuent d’honorer son souvenir, prêts à raconter son histoire à leur manière, à préserver ce qu’il a créé.
Aujourd’hui, Béber des Forbans est parti, mais la légende demeure. Un homme qui a traversé les années avec une énergie irrépressible, qui a su rester authentique dans un monde où la musique se transforme souvent en produit, mais qui a aussi appris à accepter la fragilité de la vie.
Sa disparition ne sera jamais oubliée, car les légendes ne meurent jamais vraiment. Elles vivent dans les chansons, dans les souvenirs et dans ceux qui se souviennent de la lumière qu’elles ont laissée derrière elles.