« Cesse d’être si faible, Martin St-Louis. » Selon Michel Therrien, l’ancien entraîneur des Canadiens de Montréal

La guerre psychologique entre Martin St-Louis et Lindy Ruff fait jaser.

Au point que l’ancien coach du CH, Michel Therrien, commence à envoyer un message très clair au banc du Canadien de Montréal : à un moment donné, il faut peut-être arrêter d’être trop gentil.

Depuis le début de cette série contre les Sabres de Buffalo, Martin St-Louis refuse complètement d’embarquer dans les jeux psychologiques.

Lindy Ruff chiale contre l’arbitrage, parle d’embellishment, glisse subtilement que certains joueurs montréalais en mettent un peu trop pour attirer des pénalités, tente d’influencer les arbitres entre les matchs, mais St-Louis reste imperturbable.

Il répond calmement, refuse de mordre à l’hameçon et continue de répéter qu’il préfère concentrer son énergie sur son équipe.

Sa phrase a d’ailleurs fait le tour de la LNH :

« Si je compte sur les arbitres pour gagner une série, je dépense mon énergie au mauvais endroit. »

Mais dans les coulisses du hockey, plusieurs anciens se demandent quand même si Martin St-Louis ne gagnerait pas à sortir un peu les griffes.

Michel Therrien fait partie de ceux-là.

L’ancien entraîneur des Canadiens de Montréal connaît mieux que personne cette réalité des séries éliminatoires où il existe toujours un deuxième match à l’intérieur du match : celui des micros, des messages indirects et de la pression médiatique.

Durant sa rivalité avec Paul MacLean à Ottawa en 2013, ou encore contre Alain Vigneault pendant la fameuse série de 2014 face aux Rangers de New York après la blessure de Carey Price, Therrien n’avait jamais peur d’entrer dans le jeu.

Il l’admet lui-même aujourd’hui avec un sourire :

« Oui, parfois tu dois envoyer un message à travers les médias. Tout le monde dit qu’ils ne lisent pas ce qui se dit ou qu’ils ne regardent pas ce que l’autre équipe raconte, mais on est tous des êtres humains. Oui, on écoute. »

Dans la tête de Therrien, les conférences de presse ne servent pas seulement à répondre aux journalistes. Elles servent aussi à protéger tes joueurs, influencer un peu l’environnement autour de la série, créer une dynamique psychologique et parfois même faire réfléchir les arbitres avant le prochain match.

Sans dépasser la ligne.

« Il faut être prudent et respectueux, mais pas mou. C’est une ligne mince. C’est un jeu mental. Lindy a beaucoup d’expérience, c’est un très bon entraîneur. Il sait comment s’ajuster et il sait où se trouve la ligne. Il essaie probablement d’envoyer un message. »

On sent même un certain respect chez Therrien envers Ruff. Il comprend exactement ce que le pilote des Sabres tente de faire. Lui aussi a vécu ça pendant des années.

Ken Hitchcock va encore plus loin lorsqu’il explique comment cette guerre psychologique faisait partie du travail d’un entraîneur à son époque. Avant ses points de presse, il voulait toujours savoir ce que l’autre entraîneur avait dit.

« Je voulais toujours savoir ce que disait l’autre entraîneur. Quel message il envoyait. Je voulais être un pas en avant. »

Hitchcock raconte même qu’après s’être fait déstabiliser verbalement par Glen Sather durant ses premières séries derrière un banc, il s’était juré de ne plus jamais se faire surprendre.

En d’autres mots : le hockey des séries, ce n’est jamais seulement ce qui se passe sur la glace.

Et c’est là que le débat commence vraiment autour de Martin St-Louis.

Personne ne remet en question ce qu’il accomplit avec les Canadiens de Montréal. Même Therrien l’a dit clairement : les deux entraîneurs font un excellent travail dans cette série. St-Louis a amené ce groupe plus loin que plusieurs l’imaginaient et son calme inspire énormément ses joueurs.

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Mais certains se demandent quand même si, face à un vétéran rusé comme Lindy Ruff, il ne serait pas parfois utile d’acheter un peu plus de terrain psychologique.

On ne demande pas à St-Louis de devenir provocateur ou commencer à pleurnicher sur l’arbitrage.

Simplement envoyer, à l’occasion, un message calculé.

Une petite phrase bien placée.

Une réponse plus cinglante… moins molle… (soft)

Pendant que Ruff tente depuis plusieurs jours de modeler le narratif autour des arbitres et des plongeons supposés du Canadien, Martin St-Louis refuse complètement de jouer cette partie-là. C’est noble. C’est discipliné. Ça colle aussi parfaitement à sa personnalité.

Ken Hitchcock résume probablement le mieux ce qui distingue Martin St-Louis du vieux hockey :

« Marty a toujours été un joueur tellement confiant. Il a surmonté tellement d’obstacles dans sa carrière que rien ne le dérange vraiment aujourd’hui. Il a un plan et il s’y tient. »

Voilà probablement le cœur du dossier.

Martin St-Louis ne changera peut-être jamais.

Il n’est pas Michel Therrien.

Il n’est pas Lindy Ruff.

Il n’est pas Jon Cooper, passé maître dans l’art de manipuler une conférence de presse sans jamais vraiment en avoir l’air.

Martin St-Louis avance autrement. Il protège son groupe par le calme, par la stabilité, par un message constant.

Mais dans une série où tout devient mental, où chaque détail compte, où chaque phrase est analysée pendant des heures, la réflexion de Michel Therrien mérite quand même d’être entendue.

Parfois, dans les séries éliminatoires, gagner un peu de terrain psychologique peut aussi faire partie du travail.

Martin St-Louis est-il trop soft? Pas assez baveux?

À lui de devenir… cocky…

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